La passion en héritage

Accueil Remonter

Disparu tragiquement cet automne, Gérard Chantriaux était un inventeur de génie. Sa passion, son oeuvre, continuent à se partager son site internet.

Il y a quelques mois de cela, un grand homme de la montagne disparaissait, s'envolant dans les airs pour un éternel voyage. La douleur est là, bien ancrée au fond des cœurs. S'il est vrai que des êtres marquent à jamais leur passage, Gérard Chantriaux est l'un d'entre eux. Sa passion pour la montagne continue à travers un site internet relatant ses accomplissements et exploits. Témoin de ces ouvres, ce site http://perso.wanadoo.fr/gerard.chantriaux/ , lui est consacré non pas comme l'on édifie une chapelle mais, simplement pour que naisse de sa passion un dialogue, que sa passion se transmette par son regard, ses mots, que ses recherches se poursuivent dans le cœur des amoureux de la Montagne.
Gérard était un homme humble et discret, d'une ingéniosité lumineuse, on lui doit bon nombre d'inventions en matériel et équipements de montagne et de mer. Entre autres : le célèbre piolet magique le « Pulsar », qui fera le succès de Charlet-Moser, le premier crampon monopointe, le piolet à lame interchangeable,  manche en carbone, tête en alu, lame en acier spécial (une
pointe de moins de 1 mm d'épaisseur),double carre..., l'enrouleur de génois, génaker pour la voile de compétition...
Inventeur de produits phares, , Gérard ne touchera pas les royalties mérités à la suite d'un différent commercial. "De toute façon je n'ai jamais voulu vraiment rentrer dans le monde professionnel de la montagne, qui n'était pas le mien. Je veux que la montagne demeure un plaisir", déclarait-il.
En quête de sommets toujours plus hauts, toujours plus durs, cet homme d'exception aimé pour sa simplicité ouvrit de nombreuses voies d'escalades : Vanessa 87 à l'aiguillette du Lauzet, Les Dents de Cyrielle au Queyrellin (le must des Cerces), la Voie du Pierrot... Grimpeur fulgurant aussi bien sur rocher que sur glace  avec, entre autres : les Violins (grade 6, 150 mètres en solo de
longueurs soutenues à 85° avant le cigare de 30 mètres), la Chantriaux (grade 6, 200 mètres en solo réalisée en 1981).
Auteur de l'ouvrage « Des pentes raides au ski-extrême. des idées de courses dans les Hautes-Alpes » paru en 1981, il y décrivait les topos de la Pointe de Pécée, La Meije Orientale (pente de 45° à 50°), le Col Claire, Le Coup de Sabre...
Le site http://perso.wanadoo.fr/gerard.chantriaux/ actuellement en service s'adresse à tous les curieux, passionnés de la montagne, de la mer et  des airs.  Un site ouvert dans le but de mieux connaître et faire connaître toutes les réalisations de celui qui a su rester si humble et si secret. Interactif, ce site se veut ouvert au débat, à la communication.
Audacieux, ingénieux, Gérard s'employait à pousser les limites de l'impossible. "Quand on est montagnard, quand on a réalisé des années et des kilomètres d'escalade, on sait ce que veut dire le mot Risque. Le Risque, c'est la mort ; le défier, c'est la vie. Tu avais choisi de vivre. Et par là même tu vis encore parmi
nous
" écrit en hommage son ami  Nicolas Izquierdo.
Gérard se donnait les moyens de vivre pleinement et humblement sa passion. "J'ai toujours eu besoin d'une troisième dimension, le gaz, l'air. Quand j'étais petit, je faisais des avions. Puis j'ai fait de l'escalade ou du ski de pente. Je crois que j'ai trouvé ce que je cherchais avec le parapente..." Emporté par sa passion, Gérard Chantriaux emprunte désormais le chemin des cieux à la rencontre des Dieux. Il y a tout à penser que Gérard atteint désormais le sommet des Etoiles !

Elodie TOURNEBIZE (Le Dauphiné Libéré, 23 décembre 2000)