Parapente

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En 1982 au-dessus de Die

 

Pour Gérard, Micky et Brigitte, septembre 2000

Gérard et le parapente, Adrien Gaillard, juin 2001

 

Pour Gérard

Si le vent se déchaîne,
Si le vent souffle fort,
Si ton aile t’entraîne,
N’aie pas peur de la mort.
Gérard, tu es parti rejoindre
Claude, Pierrot, Jean-Pierre …
Et tu planes, libre enfin,
Heureux et sans douleur.

Tu es près de nous,
Et en fermant les yeux,
Nous te voyons nous sourire,
Avec ce merveilleux sourire
Que tu sais si bien nous faire.

Gérard, viens,
Nous tendons la main
Et nous te touchons…

Micky et Brigitte, septembre 2000

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Gérard et le parapente

 Ma première rencontre avec Gérard remonte en 1981, un matin de mars à l'aube, entre le Casset et le col d'Arsine. Avec un ami, nous étions partis en raid dans les Ecrins pour rallier Caron en randonnée et avons été rejoints par Gérard, sans le voir ni l'entendre venir derrière nous, léger sur ses skis, comme volant sur la neige. Son but: le couloir Davin. Après quelques mots de sympathie, il est reparti vers ses sommets aussi léger et rapide qu'il était venu. La simplicité et l'aisance qui se dégageaient de Gérard nous avait fortement impressionnés et laissés rêveurs : le couloir Davin, pour nous était une expédition, pas une petite course de mises en jambes. Longtemps nous nous sommes remémoré cet instant un peu irréel de cette rencontre fortuite.

Plus tard nous nous sommes retrouvés dans le cadre professionnel, nous travaillions sur le même site. Les vicissitudes de la vie nous ont séparés quelques années et nous nous sommes de nouveau retrouvés sur un site de parapente avec Alain Paret.

Dans le domaine du parapente, on ne peut pas dissocier  Gérard  de ses compagnons de vols.

Toujours à l'affût de la fenêtre météo favorable pour voler, à la première éclaircie, le téléphone sonnait chez l'un ou chez l'autre:

"Salut l'ami, ça doit être bon, qu'est ce que tu en penses?"

C'était toujours la même question chaque fois que Gérard pouvait grappiller quelques heures à son emploi du temps, une fois rassuré que sa famille n'avait  pas besoin de sa présence. Et chaque fois que les conditions le permettaient, c'était le départ vers un site, heureux  sur les nuages de pouvoir se libérer des contraintes quotidiennes et professionnelles en particulier.

" Tu ne peux pas savoir comme je suis heureux d'aller voler après la semaine que je viens de passer! Le parapente, c'est mon exutoire… Je ne sais pas si je tiendrais le coup sans  voler…" Ce fut souvent une de ses réflexions lorsque nous cheminions sur les sentiers qui nous amenaient aux décos, loin des tracas quotidiens.

Gérard

Jean-Pierre au-dessus d'Ailefroide

Gérard, c'est d'abord un livre de souvenirs, que de bons souvenirs:

Souvenirs de vols magnifiques au dessus des sommets qu'il aimait tant: de la Blanche aux Agneaux , de l' Izoard  aux Tenailles de Montbrison et tant d'autres en passant de "vaches" en montagne ou dans le fond des vallées,  de montées à la Blanche avec les amis du club, montées ponctuées de réflexions joviales et d'éclats de rires.

Souvenirs d'un sourire aux anges après un beau vol :" C'est magique..!!"

Souvenirs de "grimpe" sur les mâts pour récupérer les balises en panne, de descentes dans les alpages sous la pluie, avec la balise sur le dos….

Souvenirs d'attentes de brises dans les alpages avec Jean Pierre et Nicole….

Jean Pierre, grand ami parapentiste de Gérard, disparu trois mois avant, dans le même massif, quasiment au même endroit et qui fut notre expert en aérologie et  technique avant que la montagne ne le prenne, brutalement, nous laissant anéantis et consternés de voir que ce bonheur que nous vivions intensément sous une aile avait un prix  exorbitant.

Après l'immense chagrin de ce drame, comme dans ceux qu'il avait connu dans le domaine de la montagne, Gérard a gardé l'approche mathématique du risque et n'a pas cédé au découragement. Lorsque je lui faisais part, après la disparition de JP, de mon désenchantement du parapente et de l'idée de l'abandonner, il m'envoyait aussitôt un e-mail

" Jean Pierre était arrivé au niveau qui ne permet plus la moindre erreur. Tu sais, j'ai vécu ce moment en cascade et ski extrême, c'est un très grand moment dans la vie d'un sportif quand il y arrive: ça passe ou ça casse. Ne te décourage pas, le parapente, c'est un sport fantastique, ce serait bête de  s'en priver. Nous allons continuer plus calmement, courage!."

Et nous avons continué à voler, un peu déboussolés et orphelins c'est vrai, mais toujours heureux  de nous rencontrer.

Cette reprise fut malheureusement de courte durée,  trois mois plus tard, Gérard rejoignait Jean Pierre dans ce magnifique paradis des Ecrins.

Gardons vivantes ces images de bonheur d'un ami passionné de liberté à en mourir.

Adrien Gaillard, juin 2001

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