Cassiopée

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Le topo de J.J. Rolland, 1983

A la demande de Jean-Michel Cambon, des souvenirs de « Cassiopée » avec Gérard Chantriaux.

Symphonie d’automne.
"Les deux mains dans la fissure, les pieds en face, à plat sur la dalle lisse et verticale. Dülfer pendant quarante mètres (Yosemite climber), les pieds au plafond, la tête dessous. Un toit pour s’isoler des sanglots de l’automne. Un havre de paix. A côté, l’eau dégringole en un rideau transperçant. Et l’homme de tête s’acharne vers le septième degré. La descente en rappel viendra plus tard, l’arrivée de la paroi se fera à quelques mètres de la paroi. Vous avez dit surplombante ?"
Texte de Gérard Chantriaux et Nicolas Izquierdo paru dans "L’année montagne 1982-83"

C’est Pierre Farges, émérite grimpeur briançonnais disparu au Cerro Torre (Patagonie) en 1981, qui nous a parlé le premier d’une « fissure verdonesque », le Yoshemite au-dessus de la Roche de Rame !

Il cherchait, non pas des friends (on n’en avait pas encore !), mais des gros coinceurs. Il faisait donc la tournée des copains pour en avoir suffisamment pour équiper la fissure. Quelque temps plus tard, Pierrot nous annonçait qu’il avait équipé une superbe longueur de 6b, au tamponnoir bien sûr, avec des spits de 8. Dès lors, Gérard piaffait d’y aller. Ce fut rapidement chose faite. Une longueur d’anthologie à l’époque !

Et puis Gérard s’est attaqué au toit. D’abord en artif. Puis en tire-clous. Et il se résolut à le passer en libre : 6c/7a. Le must à l’époque.

Nous y allions très souvent. Dès qu’il pleuvait, direction la fissure surplombante. On y grimpait à l’abri de l’eau, malgré quelques infiltrations.

Puis Gérard eut l’idée de continuer vers le haut. Il s’attaqua alors à la dalle puis au dièdre de sortie. Je l’accompagnais. Cela faisait une voie très complète : L1 fissure, L2 toit, L3 dalle, L4 dièdre.

Gérard avait alors le projet de réaliser un film présentant ses diverses activités. L’escalade de Cassiopée en libre faisait partie du volet « rocher ». Ce qui fit que nous y allâmes plusieurs fois avec le treuil du secours en montagne pour balader un preneur d’images…

Cassiopée fut une belle aventure humaine, une collection d’amitiés.

Nicolas Izquierdo, juillet 2012

 

J’ai également demandé à Christophe Moulin des précisions sur les débuts de cette voie que je ne connaissais pas…

"Il (Cambon) t'a posé une colle... en général, il met des goujons...(sic!)

Pour Cassiopée, on était cinq à l'ouverture : Fabrice Charton, Jean-Marie Rey, Philippe Rodet, Pierre Farges et moi.

Pierre y est allé mettre des spits plusieurs années après.

Je ne me souviens plus des dates... Alzeimer quand tu nous tiens...!

Au réta du toit, Pierre était parti avec un bloc comme un frigo qui ne l'avait pas touché mais qui avait fait un cratère énorme au pied.

On avait aussi ouvert deux trucs à gauche dans une grande dalle grise sur pitons, nettement moins beaux et moins durs."

Christophe Moulin, juillet 2012

Dülfer en VIa/b dans la première longueur

Projet de film...

Pierre Farges pour l'équipement des premières longueurs, avec les EB et les chaussettes !.